Epidor publie les résultats de son étude menée depuis 2012 sur le poisson, à la fois mal-aimé et adulé

Ils ont pisté les silures de Dordogne pendant quatre ans pour en savoir plus sur le gros poisson à moustaches venu de l’est. Depuis au moins vingt ans qu’il barbote dans la Dordogne, il restait un mystère et donc la cible de toutes les craintes : le vrai-faux monstre d’eau douce qui mesure parfois plus de 2 mètres, objet de culte pour certains pêcheurs, traîne aussi une mauvaise réputation d’aspirateur à poissons. Sauf que chaque année, depuis 2012, grâce aux agents de l’Établissement public du bassin de la Dordogne (Épidor) et les pêcheurs du département (1), on en sait plus sur ce requin de rivière qui n’en est pas un. Et qui n’est pas si gros. Pas plus qu’il ne boulotte tout ce qui bouge. Bref, on le connaissait mal, l’animal.

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Pas forcément le géant qu’on croit
L’étude d’Épidor démontre que la majorité des silures sont loin d’afficher des mensurations de géant. Seulement 10 % des poissons capturés font plus de 2 mètres. Les analyses ont aussi permis de calculer l’évolution de leur poids : 6,6 kg à 1 mètre, 21 kg à 1,50 m et jusqu’à 65 kg à 2,20 m. Les données sont encore insuffisantes, mais montrent qu’ils prendraient 13 centimètres par an jusqu’à 1,50 mètre, et seulement 8 cm par an au-delà. « Ce n’est pas un poisson aberrant par rapport à la Dordogne », estime Pascal Verdeyroux. « Sa taille et son poids ne sont pas démesurés. » C’est une espèce qui s’est adaptée.

Un poisson qui mange de tout, mais pas tout
Donc, le silure est gros, vilain et doté de mâchoires, d’où sa caricature de squale qui pisterait même les caniches sur les berges. Certes, le poisson n’est pas difficile : dans l’estomac des spécimens capturés (et relâchés), on a retrouvé une vingtaine d’espèces aquatiques (aloses, anguilles, lamproies et saumons, mais aussi brèmes, carpes, goujons, écrevisses, mini-crabes…) et une petite poignée de rats, canetons et pigeons. Épidor n’a jamais trouvé un caniche dans un silure. Autre enseignement, après avoir filmé le comportement du silure devant une proie : « Il apparaît clairement qu’il ne s’intéresse pas toujours à une proie qui passe à sa portée ; un quart du temps il n’y prête aucune attention », lit-on dans le rapport de l’étude. Ou alors, il ne fait pas exprès de faire mal. « Le silure est porteur d’une bactérie mortelle pour le poisson-chat qui, lui, est une vraie espèce nuisible », a expliqué Nicolas Loquin, pêcheur au gros qui a participé aux captures avec Epidor, à SudOuest.fr.

Une espèce pas si dangereuse pour les autres
Le silure se multiplie depuis quinze ans, alors que les fragiles migrateurs disparaissent (aloses, saumons). Et s’il y avait un rapport ? C’était surtout ça, l’objet de l’étude lancée par Épidor en 2012. Finalement, dans les estomacs, les experts n’ont pas trouvé des sacs d’aloses. Ce sont les silures positionnés sous les barrages de Mauzac ou Tuilières qui mangent le plus de migrateurs : ralentis, ils y sont plus vulnérables. Et encore, les analyses ne disent pas si les lamproies ou aloses ont été boulottées mortes ou vivantes (ces espèces meurent après la reproduction).

Il faut encore un peu de temps pour en tirer des conclusions définitives, mais il apparaît que le silure mange finalement peu, ou en tout cas de façon irrégulière : cet été, l’estomac de tous les poissons capturés était vide. « C’est sûr qu’on a pu élaguer quelques idées reçues », sourit Pascal Verdeyroux, chargé du dossier à Épidor. « Notamment, celle qui veut que tous les jours, il mange son poids en poisson ! »

C’est à cause de ce genre de « préjugés » que des pêcheurs se font justice eux-mêmes, et balancent des cadavres de silures dans les buissons après les avoir attrapés. « On a pu recentrer le débat sur des choses plus rationnelles… » En fait, l’étude montre qu’il s’adapte à ce qu’il trouve, il est « opportuniste ». « Cela sous-entend que si une espèce se raréfie, il se tournera vers des poissons plus abondants, il ne va pas s’acharner. » Rassurant.

Une variété qui cache encore son vrai nombre
Et combien sont-ils dans la Dordogne ? « C’est la dernière inconnue de l’équation », explique Pascal Verdeyroux. « On commence à bien connaître la population en place. Mais on ne sait pas encore évaluer sa densité. » Les chercheurs sont loin d’avoir marqué tous les silures : sur certains tronçons de la rivière, seulement 12 % à 30 % des poissons ont été bagués. L’étude continue pour donner un chiffre de la population globale d’ici « six mois, un an ».

Restera ainsi à préciser l’impact précis du silure sur la faune locale. « Il y en a forcément un, puisque le silure est là. Mais est-ce qu’il mérite qu’on mette en place une gestion de l’espèce ? On n’est pas encore capable de le dire. »

(1) L’étude est aussi financée par l’Agence de l’eau Adour-Garonne, le Conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine et les Conseils départementaux de Gironde et Dordogne.

 

source :http://www.sudouest.fr/2016/09/16/qui-es-tu-mysterieux-silure-2501999-4738.php

Le 07 juillet à 10h07 par Brice Ivanovic | Mis à jour il y a 22 minutes

Thierry Cuti pose fièrement avec sa belle prise du jour de 21 kg.
Thierry Cuti pose fièrement avec sa belle prise du jour de 21 kg. PHOTO/Narbonne christophe barreau

Hier, aux alentours de 17 heures, Thierry Cuti s’installe avec sa canne à pêche sur les quais du Canal de la Robine. Cet aficionado est en place depuis moins d’une heure lorsqu’une première touche survient.

Après plusieurs minutes de bataille, sous les yeux de quelques bados, le pêcheur, habitué du canal, parvient à remonter un sacré monstre : un silure de 21 kg ! « Je venais de lancer deux ou trois fois la ligne lorsque le poisson a mordu. Je pêche régulièrement ici » lance Thierry, posant avec sa belle prise du jour, qu’il remettra immédiatement à l’eau.

source : http://www.lindependant.fr/2016/07/07/narbonne-un-silure-de-21-kgs-face-aux-halles,2225829.php

Voilà un documentaire qui risque de faire beaucoup parler dans le monde de la pêche. Saint-Thomas Productions a tourné sur trois ans  un documentaire sur le silure en France, en qualité 4K. Le film de 52 minutes sera diffusé le 18 novembre à 19h sur la chaîne Arte. Il devrait s’appeler Les Dents de la rivière (de l’anglais River Jaws, c’est à dire les mâchoires de la rivière en traduction littérale). On y verra « des attaques au ralenti sur les pigeons d’Albi », « des rassemblements de plusieurs dizaines d’individus », mais surtout, et c’est nouveau, « des chasses collectives sur des gardons » ! Les poissons se rassemblent, encerclent et piègent leurs proies avant de se nourrir un à un… Ce film veut brosser « un portrait objectif d’un poisson devenu phénomène de société ». Espérons que ça ne lui porte pas préjudice.

 

 

 

 

source : http://www.peche-poissons.com/les-news/rendez-vous/docu-exclu-le-silure-sur-arte/